De l’utilité d’un gouvernement

L’ESPAGNE, SANS GOUVERNEMENT DEPUIS NEUF MOIS, ne devrait pas égaler le record des plus longues crises ministérielles détenu par la Belgique, après la décision dimanche du Parti socialiste de laisser le conservateur Mariano Rajoy former un nouveau gouvernement. (source: Sudinfo.be)

La retentissante crise de 2010-2011 avait vu le royaume de Belgique tenir 541 jours (18 mois) sans gouvernement de plein exercice après les élections législatives du 13 juin 2010, jusqu’à ce qu’un cabinet de coalition réunissant six partis (socialistes, libéraux et démocrates-chrétiens, tant flamands que francophones) prête enfin serment le 6 décembre 2011. A sa tête le socialiste francophone Elio Di Rupo qui succédait au chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, à l’issue de la plus longue crise politique au monde.

Yves Leterme et Elio Di Rupo à la Chambre

Sans véritable gouvernement et sans majorité parlementaire stable, la Belgique n’avait pas pu engager de nouvelles politiques, mais avait cependant pris des décisions importantes, telles que l’intervention militaire en Libye. Ce qui n’est pas le cas en Espagne, où le gouvernement sortant, disposant de pouvoirs très limités, ne peut ni préparer le budget ni même remplacer ses trois ministres démissionnaires.

La Belgique avait déjà connu des crises de ce type, notamment en 2007 lorsque le cap des 194 jours (six mois et demi) sans gouvernement avait été atteint, et dans les années 1980, quand le pays n’avait pas eu de gouvernement entre décembre 1987 et mai 1988.

Espagne: le bout d’un tunnel de 10 mois ?

L’Espagne est confrontée à une paralysie politique sans précédent depuis les législatives de décembre 2015 quand deux nouveaux partis – Podemos, de gauche radicale et Ciudadanos, centriste – ont fait leur entrée au Parlement.Au printemps 2016, les partis nouveaux et anciens – Parti socialiste (PSOE) et Parti populaire (PP) – n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour former un nouveau gouvernement.

Pour tenter de débloquer la situation, le roi Felipe VI a convoqué des élections législatives anticipées le 26 juin, remportées avec 33% des voix par Mariano Rajoy, le chef du gouvernement conservateur sortant.Son investiture était rendue impossible par le veto du Parti socialiste qui lui reprochait sa politique d’austérité et la corruption de son parti. De son côté, le PP refusait d’envisager un autre candidat.

Mais le 23 octobre, les délégués du comité fédéral du PSOE, réuni à Madrid, ont décidé à une large majorité de 139 contre 96 de s’abstenir lors du vote de confiance pour permettre à Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011, de former le prochain gouvernement, minoritaire cette fois. Cela doit empêcher la tenue de nouvelles élections législatives en décembre, qui auraient été les troisièmes en un an, un record.

Sept mois aux Pays-Bas

Avant la Belgique et l’Espagne, le record d’Europe d’après-guerre était détenu par les Pays-Bas qui avaient mis 208 jours (sept mois) en 1977 pour se doter d’un gouvernement.

Après les législatives de mai 1977, Joop den Uyl, le chef du Parti travailliste (PvdA) vainqueur des élections, avait mené des pourparlers entre les partis de la coalition sortante. Après l’échec des discussions, ce fut finalement Dries van Agt qui avait été nommé Premier ministre en décembre 1977, à la tête d’une coalition entre son parti -l’Appel démocrate-chrétien (CDA)- et le Parti populaire libéral et démocrate (VVD).

Observations

En résumé, trois pays sont toujours là après s’être privés de gouvernement: les Pays-Bas durant 208 jours, l’Espagne (300 jours) et la Belgique (541 jours).

Pendant ces périodes les gens ont continué d’aller travailler, les hôpitaux ont poursuivi les soins, la police a maintenu l’ordre public, la justice a suivi son cours, bref ces pays ont continué à vivre normalement sans gouvernement. Rien n’a profondément modifié le vivre-ensemble du plus grand nombre pendant ces périodes de « crise ».

Les salaires des élites politiques ont été économisés et les égos de ces dernières ont été froissés voilà tout. Pas de quoi en faire un fromage.

Ou plutôt si ! Fermier, moelleux à souhait et fait avec amour….

A l’instar de la production fromagère industrielle, insipide et sans saveur, le gouvernement élitiste tel qu’on le connaît partout dans le monde est devenu au fil des décennies une grosse pâte molle maçonnique et maçonnée par la corruption des lobbies multinationaux et des ambitions égotiques dégénérées. Un goût âpre, amer et pour tout dire franchement dégueulasse dont le plus grand nombre ne veut plus.

L’absence de gouvernement observé dans ces trois pays a été relayée par les médias mainstream comme des « crises » naturellement. Alors qu’il s’agissait bel et bien de la preuve par l’épreuve de la possibilité évidente de se passer de gouvernement pour le plus grand bonheur des gens.

Avons-nous besoin de qui que ce soit pour nous dicter notre mode d’existence? Ne sommes-nous pas assez responsables et collectivement riches d’une connaissance archi abondante pour nous organiser nous-même ?  A-t-on besoin de parasites inutiles et dispendieux pour décider à notre place ET pour le plus grand profit de quelques entités fondées uniquement sur le profit financier (donc absolument pas en phase avec les exigences naturelles) ce qui serait bon pour Nous ?

Cela ne rime avec plus rien du tout. Nous nageons dans la plus complète illusion.

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