« Vers l’éco-lieu » : créer une résilience en milieu péri-urbain

Comment s’organiser ensemble sous la forme d’une communauté résiliente pour s’opposer au principaux défauts de la société contemporaine ? « Vers l’éco-lieu », une association réunissant des personnes souhaitant quitter le centre de Paris propose une solution originale : intégrer librement des habitants autour de projets personnels tout en favorisant l’entraide et la solidarité. Découverte de ce projet en construction.

(ndlr: La résilience désigne la capacité pour un corps, un organisme, une organisation ou un système quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération.) Avant de quitter la ville pour fonder une communauté ou un éco-village, il faut s’organiser. C’est l’objet de « Vers l’éco-lieu », une association ouverte rassemblant des personnes de tout horizon et de tout âge. Les membres, qui sont principalement d’origine parisienne, s’organisent aujourd’hui pour gérer dans un futur proche un nouveau lieu en commun, en dehors de la ville. Pour se faire, ils se sont fixés un objectif ambitieux, celui de « fédérer dans un même voisinage des personnes ayant envie de participer à [des] projets/assos, ainsi que donner une meilleure visibilité à ces dernières et les faire coopérer plus facilement ». Comme nous l’explique Frédéric, secrétaire de l’association,  « Vers l’éco-lieux » n’a pas encore de lieu défini : sa géographie ainsi que la forme exacte que prendra le nouveau village est encore en discussion.

Un projet collaboratif

« Vers l’éco-lieux » est surtout un « défi » : celui de « permettre de recréer du lien, une solidarité forte et la mise en place d’alternatives économiques, écologiques, sociales et alimentaires… » tout en faisant naître « une diversité de projets collaboratifs ». Créée en juin 2016, l’association veut réinventer le vivre ensemble toute en favorisant la solidarité et la créativité. Mais en dehors de cet l’objectif commun, les individus qui souhaitent participer s’investissent de manière libre et sans contrainte. Ainsi, « chaque personne peut choisir ce qui l’intéresse et n’est jamais contrainte de participer à quelque chose qui ne lui correspondrait pas ».

Ce mode de fonctionnement horizontal, reposant sur le pari du volontariat individuel, s’exprime dans la charte établie par les membres ou encore à l’occasion des débats sur le futur emplacement de l’éco-lieux. Outre une organisation originale, l’association se distingue par les objectifs qu’elle s’est fixés. En effet, les membres veulent créer un contrepoids aux « comportements individualistes [qui] créent un cercle vicieux ». Selon eux, « la mutualisation de structures ou de services entraîne des bénéfices pour tous et même les individualistes gagnent à adopter un comportement altruiste pour pouvoir être autorisés à faire partie de chaque association et tirer avantage de ce vivre ensemble ».

Un nouveau village à proximité de la ville

L’idée à pour origine cinq personnes qui ont voulu quitter le centre de Paris pour la campagne, tout en se concentrant sur les valeurs centrales de l’équité et de l’altruisme. À ce jour, une cinquantaine de personne âgées de 20 à 75 ans participent aux réflexions. Parmi leurs sources d’inspiration on trouve les éco-villages dans l’esprit de 1968, dans lesquels « la mutualisation de structures ou de services entraîne des bénéfices pour tous et [où] même les individualistes gagnent à adopter un comportement altruiste pour pouvoir être autorisés à faire partie de chaque association et tirer avantage de ce vivre ensemble ». C’est dans une perspective similaire que les fondateurs on décidé de se réunir, tout en tirant les leçons des échecs de certaines communautés.

« Vers l’éco-lieu » se caractérise ainsi par plusieurs éléments. Libres dans leur engagement, les membres cherchent à s’installer en milieu péri-urbain. Très pragmatique, cette solution a été retenue « dans une volonté de s’adapter aux attentes de ceux qui veulent vivre à la campagne, comme de ceux qui veulent vivre en centre ville… tout en permettant aux uns et aux autres de rejoindre les installations collectives en 2 ou 3 km de vélo », nous explique t-on. Par ailleurs, cette forme d’organisation permet d’assurer la soutenabilité économique du projet. Les membres peuvent continuer à travailler en ville, à proximité. Enfin, l’association a mis les problématiques environnementales au centre du projet, et se veut être un lieux intergénérationnel dans lequel règne le respect des rapports entre les différents sexes.

Localement, « Vers l’éco-lieu » essayera de développer des relations privilégiés avec d’autres acteurs de la transition : agriculteurs locaux, AMAP, recyclerie… À terme, nous explique Frédéric, il s’agira de « participer à la création d’une fédération locale d’initiatives alternatives (écohameaux, colocs, habitats partagés, jardins partagés, locaux partagés et assos culturelles, militantes ou conviviales…) » pour soutenir des initiatives similaires. L’idée de résilience nourrit incontestablement ce projet d’utopie concrète.


Source : verslecolieublog.wordpress.com / Propos recueillis par Mr Mondialisation auprès de Frédéric, membre de l’association « Vers l’éco-lieu »


Trouvé sur : mrmondialisation

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