Êtes-vous naturopathe sans le savoir ?

Qui n’est pas naturopathe ?!

Lorsque je regarde autour de moi, je vois un naturopathe par ci, une naturopathe par là, et exceptionnellement, lorsqu’une personne n’est pas « encore » naturopathe, c’est qu’elle suit activement une formation pour le devenir. (ndlr: notons qu’il existe en France un hypnothérapeute pour 5’000 personnes et un énergéticien pour 12’000…)

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J’exagère un peu ? Ok. Mais la tendance est bien réelle, la naturopathie attire beaucoup de monde aujourd’hui. Et cela amène à se poser une question : un naturopathe, c’est quoi exactement ?

Voici la définition qu’en donne le site PasseportSanté [1] :

« La naturopathie est un système médical complet et cohérent qui mise avant tout sur la stimulation des mécanismes naturels d’autoguérison du corps. »

« Les interventions du naturopathe visent en premier lieu à activer, nourrir et renforcer ces mécanismes plutôt qu’à éliminer des symptômes ou à attaquer directement des agents pathogènes. Elles se veulent aussi douces et non effractives que possible. »

Petite précision : « non effractives » veut dire non envahissantes.

Il s’agit là d’une caractéristique essentielle de cette approche qui repose sur cinq principes fondamentaux, énoncés par le Grec Hippocrate (-460, -370 av. J.-C.), fameux « père de la médecine moderne » :

Primum non nocere – D’abord ne pas nuire. Les symptômes d’une maladie (la fièvre, par exemple) peuvent être des manifestations d’un processus de guérison. Par conséquent, leur suppression pure et simple peut causer plus de tort que de bien. Les interventions thérapeutiques doivent donc favoriser le processus naturel de guérison et non le contrer.
Vis medicatix naturae – La nature recèle son propre pouvoir de guérison. Le corps possède la capacité inhérente de préserver la santé et de la rétablir lorsqu’il l’a perdue. L’organisme vivant possède en lui-même les forces de vie nécessaires pour y parvenir. Le rôle du médecin ou du thérapeute consiste à faciliter l’accès à ces forces en découvrant et en éliminant les obstacles qui s’y opposent.
Tolle causam – Découvrir et traiter la cause. Le médecin doit rechercher les causes de la maladie plutôt que de tenter d’en supprimer les symptômes. La maladie est vue comme l’aboutissement ultime d’un dérèglement particulier. Le rétablissement de l’équilibre naturel ne peut se faire qu’en travaillant sur les causes à l’origine de ce dérèglement.
Deinde Purgare – Détoxifier et purifier l’organisme. Retrouver l’énergie vitale suppose la purge régulière du corps… mais aussi de l’esprit.
Docere – Enseigner. Le médecin doit guider son patient sur la voie de la guérison et l’aider à préserver sa santé de façon naturelle. Il doit donc lui enseigner à prendre soin de lui-même et à prendre en charge son propre processus de guérison.

Voilà pourquoi, parmi les outils privilégiés de la naturopathie, on retrouve notamment la phytothérapie, la nutrition, l’homéopathie, l’aromathérapie, les techniques respiratoires, de gestion du stress, les techniques vibratoires etc.

 

mots
Ambition noble, donc, que celle du naturopathe qui ne veut ni nuire ni forcer la nature et associer intimement le patient au processus de guérison.

Mais l’enfer, vous le savez, est pavé de bonnes intentions et on rencontre le même problème avec les naturopathes qu’avec les autres praticiens : il y a les bons, les mauvais, les franchement dangereux, les tout à fait délirants, etc.

Au passage, c’est l’intérêt d’une lettre d’information comme PureSanté. Notre communauté peut vraiment aider à faire connaître les praticiens de qualité, car il est parfois difficile de faire le tri entre le bon grain et… le reste.

Si vous avez des naturopathes de confiance à conseiller, n’hésitez pas à le faire en commentaire de cette lettre. Leur probité, leur écoute, leur compétence, leur souci authentique du patient sont les critères que je vous demande d’apprécier en votre âme et conscience avant de suggérer leur nom.

naturopathie
Une relation sincère doit couler de source…

 

Consultation réussie

Maintenant, si vous n’avez jamais consulté un naturopathe, j’aimerais vous donner une idée de ce à quoi peut ressembler une consultation réussie.

Pour cela je voudrais citer un exemple, lu dans la revue Santé Corps Esprit, avec le naturopathe Christian Brun, également professeur de naturopathie au Cenatho de Paris (Collège européen de naturopathie traditionnelle holistique, un des principaux centres de formation en naturopathie).

Une femme était venue le consulter parce qu’elle avait des bouffées de chaleur, des maux de têtes, des bourdonnements, palpitations, crampes dans les jambes, etc., autant de symptômes qui avaient conduit son généraliste à diagnostiquer une hypertension artérielle.

Autant dire une affaire sérieuse : l’hypertension peut entraîner des troubles graves et irréversibles comme l’accident vasculaire cérébral (AVC), la cécité, l’insuffisance cardiaque etc., et risque de se conclure par une prise de médicaments (bétabloquants, diurétiques, inhibiteurs calciques etc.) sur le long terme.

Face à de tels risques, la consultation d’un naturopathe peut paraître un peu étonnante.

On n’est pas dans le dur scientifique, avec des médicaments à prendre en urgence, mais dans la compréhension du malade et de son environnement.

La séance commence en effet par un bilan de vitalité, c’est-à-dire, comme l’explique Christian Brun, « l’étude des signes morphologiques qui permettent de juger des réserves vitales d’une patiente – constitutions et tempéraments, forme de son crâne, de ses mains, lunules de ses ongles, pilosité… mais aussi son regard et sa réactivité ».

Puis le naturopathe se penche sur les circonstances dans lesquelles a été effectuée la prise de tension : une seule fois, plusieurs, alors que la patiente était assise ou allongée, détendue ou stressée, etc. ? Le diagnostic peut-il être affiné ?

Ensuite, c’est un échange sur le mode de vie de la patiente, son alimentation, son sommeil. En n’évitant pas des questions personnelles, voire intimes :

Quel est l’état de ses relations avec son mari, ses enfants, ses collègues ? Son métier lui plait-il ? Se sent-elle plus stressée qu’à l’ordinaire ? Où en est sa libido ? Quel est son temps de transport aller/retour ? Fait-elle régulièrement de l’exercice physique ? Quelles sont ses sources de plaisir dans la vie ? A-t-elle des envies, des rêves, etc.

Il est probable que le médecin traitant n’a pas eu (ou pas pris) le temps de poser toutes ces questions avant de lui tendre son ordonnance pour des antihypertenseurs.

Le naturopathe, lui, est arrivé à la conclusion que l’hypertension de cette femme était passagère, liée à des tensions fréquentes avec son mari la poussant vers une hygiène de vie assez désastreuse (alimentation industrielle, alcool, manque d’exercice, stress etc.), aux conséquences sur sa tension.

Dans son cas, une meilleure perception des causes de son problème ET le retour à un mode de vie plus sain (perte de poids, réduction de la consommation de sel, d’acides gras poylinsaturés, consommation fréquente d’aliments riches en fibres et en potassium, etc.) a permis de faire disparaître son hypertension.

Sans médicaments.

Alors bien sûr il ne s’agit que d’un exemple, et l’on pourra objecter de nombreux arguments, il me semble néanmoins qu’il illustre une vérité absolument universelle sur le processus de guérison.

Quelle que soit la technique, quelle que soit la médecine (occidentale, chinoise, ayurvédique, holistique etc.), le praticien maximise les chances de guérison s’il aide le patient à adopter une attitude active face à la maladie.

Ça ressemble à une évidence, dit comme cela. Mais l’est-ce tant que ça ?

Sait-on vraiment ce qu’on va chercher quand on entre dans le cabinet d’un praticien ? Une simple ordonnance pour un médicament, une écoute, de l’aide pour se lancer sur un nouveau chemin de vie ? Sommes-nous assez conscients que nous sommes le principal acteur de la consultation ? Que le patient, c’est nous.

Peut-être vous posez-vous régulièrement ces questions et je serais intéressé d’avoir les réponses que vous y apportez. Et si elles paraissent nouvelles à votre esprit, j’espère qu’elles feront naître une réflexion fructueuse.

Et pour conclure, je vous laisse méditer ce mot de Voltaire : « L’art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit ». Encore un qui devait être naturopathe 🙂

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Source: Gabriel Combris – pure-sante

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