Le patron d’Addax Petroleum arrêté à Genève

Le parquet genevois enquête sur le groupe pétrolier pour corruption d’agents publics étrangers. Une perquisition a eu lieu lundi dans les bureaux de la société, désormais décapitée de sa direction.

L’affaire Addax Petroleum s’emballe. Une enquête a été ouverte par le pouvoir judiciaire genevois pour soupçons de corruption. Le directeur général du groupe pétrolier basé à Genève, Zhang Yi, ainsi que son directeur juridique, Guus Klusener, ont été arrêtés lundi dans le cadre d’une perquisition, a appris Le Temps. «Nous avons ouvert une procédure pénale pour corruption d’agents publics étrangers et, subsidiairement, gestion déloyale. La société est prévenue et l’instruction suit son cours», confirme Yves Bertossa, le procureur de Genève en charge de l’enquête.

Contacté, l’avocat de Zhang Yi, Saverio Lembo, se limite à déclarer: «Mon client conteste vigoureusement les charges portées à son encontre. Et il entend se défendre. Pour le reste, nous ne commentons pas une procédure en cours.»

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Addax Petroleum, racheté en 2009 par le raffineur chinois Sinopec, est en pleine tourmente depuis qu’un trou de 100 millions de dollars dans sa comptabilité a été dénoncé par son auditeur Deloitte. «Nous avons identifié un nombre de versements pour lesquels nous n’avons pu obtenir d’explications satisfaisantes ou de preuves suffisantes concernant leur justification et leur validité», stipulait le cabinet dans un document daté à mi-décembre dernier.

Paiements suspects

Dans le viseur: deux paiements suspects vers le Nigeria pour 20 millions de dollars de «dépenses juridiques» et 80 millions de frais d’ingénierie liés à deux plateformes d’exploitation pétrolière. «Le montant de ces paiements paraît excessif au rapport des travaux réalisés et le but ainsi que le timing soulèvent des interrogations», justifiait Deloitte en refusant de signer ces comptes. Une décision qui a provoqué la rupture entre les deux parties, liées contractuellement depuis 2005. La direction d’Addax s’est tournée vers le cabinet concurrent PwC. Mais ce dernier aurait également «jeté l’éponge», avance le bimensuel spécialisé Africa Energy Intelligence.

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Suite à la perquisition, Addax Petroleum a fait parvenir mardi un courriel à tous ses employés: «Comme vous le savez désormais, le bureau du procureur genevois a lancé une investigation en relation aux allégations concernant les affaires de la société au Nigeria». Le document poursuit en rappelant aux employés de ne «pas modifier ou détruire de document en relation avec cette affaire» avant d’avoir sollicité l’avis du département légal, selon l’e-mail que Le Temps a pu consulter.

Avertissement

Dans un deuxième courriel, envoyé mercredi, Addax rappelait à ses employés de ne pas commenter l’affaire et de rediriger la presse ou toute autre sollicitation externe vers le département de communication. Et d’enchaîner sur cet avertissement: «Discuter de l’enquête peut constituer une infraction pénale.» Contactés, les services de presse d’Addax n’ont pas répondu à nos sollicitations. A l’heure où nous mettons sous presse, les deux dirigeants d’Addax Petroleum dorment encore en prison.

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Source: letemps.ch

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