L’éveil spirituel

La notion d’éveil spirituel (ou encore « illumination1 » et « réalisation de soi » ou simplement « éveil »), communément associée au bouddhisme et à l’hindouisme, désigne un état de conscience supérieur dans de nombreuses religions et philosophies2 et l’aboutissement d’une voie religieuse ou spirituelle.

Cette notion évoque traditionnellement une libération totale de l’ego (en tant que « moi » commun) et l’avènement d’une nouvelle conscience unifiée avec l’univers ou avec le divin, selon les croyances. Un tel état de conscience qui ne pourrait, par nature, être défini par les mots, est censé ouvrir l’individu à la connaissance spirituelle, au ravissement de l’âme, à un sentiment de communion ou une perception holistique de l’existence.

L’expression a pris un sens aux contours plus flou dans les courants New Age, où les acceptions et les traductions les plus diverses de la notion sont parfois amalgamées.

La notion d’éveil spirituel dans les traditions religieuses

L’éveil spirituel, tel qu’il est défini dans certains courants mystiques de l’hindouisme3 (voir moksha), du bouddhisme4 (voir les notions de bodhi, satori et nirvāna, voir également « l’éveil à soi » de Kitarō Nishida 5), du christianisme (voir la Conversion religieuse) et dans certains courants plus éphémères, comme l’illuminisme, représente l’aboutissement d’un engagement personnel sur une voie spirituelle. Une ascèse physique, morale, intellectuelle est censée conduire le pratiquant à l’émancipation radicale que représente l’éveil spirituel : toutefois, celui-ci peut être compris comme pouvant survenir brutalement (voir courant Zen Rinzai, révélations d’ordre mystique). Herman Hesse, dans une lettre écrite à un ami, donne cette définition de l’éveil : « atteindre cet éveil, cette union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps, devenir cette unité, voilà le but auquel aspirent tous les disciples du Zen »6.

Une telle expérience, traditionnellement réputée bouleversante, est décrite dans différentes traditions (hindouiste, le dvija, ou chrétienne, notamment) comme une « seconde naissance ». L’individu y découvrirait sa véritable nature ainsi que des joies et des états inaccessibles au commun des mortels (ataraxie, apatheia, samadhi).

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On trouve également l’expression dans le catholicisme pour désigner, de façon moins radicale, une première initiation ou un « éveil à la foi7 ».

La notion hors du cadre religieux

La notion d’éveil spirituel est parfois rapprochée du concept d’intuition tel qu’il est proposé par Héraclite8 et Platon (notamment dans l’allégorie de la caverne) ou encore Plotin, Spinoza ou encore Bergson. Hors de toute notion de divinité, l’éveil spirituel est décrit comme une « vision directe du réel » caractérisée par un sentiment d’éternité, une joie infinie, un émerveillement devant la perfection intrinsèque de toute chose, un sentiment de non séparation entre sujet et objet, une dissolution du sentiment d’individualité séparée et une communion avec toute chose.

Dans une lettre célèbre à Freud, l’écrivain français Romain Rolland évoque une telle expérience spirituelle non religieuse qu’il appelle « sentiment océanique ».

Jiddu Krishnamurti est un des penseurs modernes qui a le plus répandu la notion hors du cadre religieux9. D’autres auteurs contemporains, principalement issus du néo-advaïta occidental, utilisent fréquemment l’expression notamment Eckhart Tolle, Andrew Cohen, Jean Klein, Douglas Harding, Stephen Jourdain.

L’éveil spirituel dans l’approche des sciences sociales

Le sociologue n’aborde pas la notion de la manière dont le fait l’initié d’une école philosophique ou spirituelle. De manière générale (il existe quelques exceptions en sociologie comme Edgar Morin, René Barbier10 ou Éric Forgues11, sociologues qui témoignent de leurs propres expériences spirituelles en utilisant cette expression), la formule utilisée pour désigner ce concept est état modifié de conscience. Certains, comme Danièle Hervieu-Léger, parlent de « la plus haute conscience de soi12 ».


Source: wikipedia.org

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