Article sur la démocratie suisse (octobre 2015)

Chers amis,

Prendre exemple sur certaines pratiques helvétiques peut choquer certains journalistes ruquieristes mais à l’UPR on porte un tout autre regard sur nos enviables voisins.

Notamment en matière de démocratie.

Celle exercée pour de vrai par les citoyens suisses de 18 ans et plus est de nature directe. En ce sens qu’on demande son avis au souverain pour tous les choix stratégiques ainsi que pour ceux qui le sont moins.  Par ailleurs le droit d’initiative populaire permet à tout groupement de citoyens suisses ayant récolté 100’000 signatures de déclencher, après vérification de constitutionalité, un vote référendaire qui est appelé « votation populaire ».

Le souverain a ainsi pu se prononcer contre l’immigration de masse en février 2014 à contre-courant de l’européisme ambiant.  L’exécutif, nommé Conseil Fédéral, est composé de 7 « ministres » chargés des 7 départements de l’administration fédérale. Ces 7 conseillers fédéraux sont issus des différents partis suisses les plus importants et gouvernent ensemble sous le double contrôle méticuleux des deux chambres basses nommées Conseil national (représentant le peuple) et Conseil des Etats (représentant les cantons). La crainte du peuple est bien présente chez les élus suisses.

L’idée de la « formule magique »au sein du Conseil fédéral, introduite le 17 décembre 1959 — deux socialistes, deux radicaux, deux démocrates-chrétiens et un démocrate du centre — implique tout à la fois une certaine idée de représentation proportionnelle des principaux groupes parlementaires au gouvernement et un accord sur les questions essentielles.

Ainsi peut-on dire qu’il existe chez nos voisins suisses une recherche du consensus afin de faire avancer les dossiers. Débats de fond et transparence sont nécessaires autant que la prise en compte de l’argumentaire des  oppositions si une réforme souhaite un avenir. Le passage en force ou le manque de considération à l’encontre des adversaires politiques ne sont pas des pratiques admises.

Les élus suisses savent cela. Ce maire d’une ville de plus de 13’000 habitants en est un exemple.

Lors d’une séance du conseil municipal, il s’est agi fin 2014 de voter une motion concernant la création d’une crèche.  Ce projet était considéré par le Maire comme inutile car une structure plus grande était d’ores et déjà prévue au sein d’un vaste aménagement dont le début des travaux est prévu prochainement.

Un premier vote avait validé la motion, mais dans la confusion ambiante et pour davantage de transparence, un second vote avait été demandé. Le second vote la rejeta alors: une conseillère municipale avait changé d’avis en l’espace de 2 minutes.

Conforme à l’analyse et l’avis du Maire, ce vote aurait pu être entériné mais un doute subsistait, la transparence demeurait fragile et le soupçon d’un passage en force n’était pas complètement écarté.

Le Maire a suggéré au président du conseil municipal un troisième vote. La conseillère municipale s’abstint le faisant basculer. Finalement l’avis du Maire n’a pas été entendu.

En plus de ne représenter qu’une demande d’information et non la création de la crèche elle-même, cette motion était illégale car visait un organisme de droit privé, la Fondation en faveur de la Jeunesse Communale.  A laquelle le conseil municipal ne peut rien imposer.

Le Maire était parfaitement conscient de l’absurdité d’une telle motion qui ne pouvait aboutir qu’à une perte de temps. Mais cela a tout de même été mis au vote.

« Pour ne froisser personne » m’a-t-il déclaré.

C’est ça la démocratie !

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